![]() Émile «Butch» Bouchard |
CANADIEN
De nombreux appuis pour «Butch» Bouchard
Robert Bousquet
La Presse
Le chandail numéro trois d'Émile Bouchard sera-t-il éventuellement retiré par l'organisation du Canadien?
Avec l'approche du centenaire de l'organisation, de nombreux commentaires font état de la tradition de l'équipe, qui a débuté avec Butch Bouchard et Maurice Richard. L'animateur Ron Fournier, de la station CKAC, a présenté un solide dossier lors de son émission d'hier. Et selon les commentaires obtenus, l'histoire risque de faire boule de neige.
«J'ai souvent mangé avec Maurice Richard au fil des années, raconte Fournier, et le Rocket n'arrêtait pas de me parler de Butch. Je ne me souviens pas vraiment d'Émile Bouchard comme joueur, puisque j'étais très jeune quand il a pris sa retraite. Je n'ai jamais oublié les commentaires du Rocket et le respect qu'il lui témoignait. Il m'avait dit: Je m'occupais de mes affaires sur la glace tout seul. La présence de Butch me permettait de jouer à mon aise.»
«Quand on parle de la tradition du Canadien, c'est évidemment Maurice Richard et, aussi, Émile Bouchard, souligne Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois. C'est incroyable que son chandail n'ait pas encore été retiré.»
Frappé par ses propos, Fournier a commencé à faire parler ses anciens coéquipiers, ses anciens rivaux, des politiciens, des historiens. Et le consensus, c'est que personne ne comprend que le chandail numéro 3 ne soit pas encore retiré.
«C'est impensable que son chandail ne soit pas encore retiré», ont mentionné Gordie Howe et Ted Lindsay, deux féroces rivaux qui ont évolué au sein des Red Wings de Detroit.
«On se disait tous qu'il n'était pas un bon patineur, raconte Gordie Howe. Mais personne n'est parvenu à le contourner. Tous parlaient de sa force, mais c'est l'adversaire le plus respectueux que j'ai affronté. Il nous parlait souvent, ce qui était très rare à l'époque. Il était un joueur très honnête.»
Mentionnons également un fait qui était très important à l'époque. Être francophone et capitaine d'une équipe, c'était rarissime.
«Bernard me disait parfois après un match: Butch m'a regardé de travers après le match. Je savais alors que j'avais gaffé», souligne Marlene Geoffrion, la veuve de Bernard.
«Il m'a aidé beaucoup et c'était le meneur de notre équipe. Émile m'avait empêché de faire une sortie contre l'entraîneur Dick Irvin. Il m'avait dit: Calmes-toi, le jeune. Si tu as des problèmes, viens me voir. Je vais t'aider. C'était un capitaine généreux envers les jeunes joueurs. S'il y a un joueur qui doit avoir son chandail retiré, c'est Butch! Et ça devrait l'ètre depuis longtemps! C'est un grand de l'histoire de cette équipe», affirme Dickie Moore.
Quand on pense au numéro 3 du Canadien, il y avait Émile Bouchard et aussi Jean-Claude Tremblay, un défenseur exceptionnel, qui a opté pour l'Association mondiale de hockey à la suite d'un différend contractuel.
Mais ça, c'est une autre histoire.
Source : La Presse Le jeudi 01 février 2007

